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« Aujourd’hui, tout le monde peut être rédacteur en chef »

Laurent Sciboz est à la tête de l’institut Informatique de gestion depuis plus de 24 ans. Sous son impulsion, de nombreux projets en lien avec la qualité de l’information ont pu voir le jour. Pour lui, l’évolution des médias  - et plus généralement la gestion de l’information - doit être suivie de près, car les enjeux qui en découlent revêtent une importance considérable pour l’équilibre de notre démocratie.

 

Les fake news sont-elles vraiment dangereuses ?

Oui, elles sont clairement nocives. L’exemple le plus parlant est celui de Cambridge Analytica, cette entreprise qui a défrayé la chronique en 2018. Une fuite massive de données depuis Facebook lui a permis d’orienter des millions de votes aux USA en faveur de l’élection de Donald Trump et en Grande-Bretagne lors du Brexit. Il s’agit d’un problème démocratique majeur !

Les fake news ne sont pas nouvelles. Pourquoi sont-elles aujourd’hui plus nocives que par le passé ?

Aujourd’hui, tout le monde est potentiellement un rédacteur en chef. C’est un phénomène tout à fait nouveau. Avec l’avènement des réseaux sociaux et la toute-puissance de l’outil Internet, tout le monde a son propre journal en ligne et partage de l’information tout le temps. Ça n’existait tout simplement pas avant.

Comment expliquer que les gens fassent confiance à des rédacteurs·trices de blog quasiment anonymes et se méfient des médias classiques?

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent l’expliquer. Tout d’abord, nous vivons dans une époque caractérisée par une forme d’excès évident, il y a du « trop » partout. Dans l’information également, c’est pourquoi on parle souvent d’infobésité.

Et à mon avis, la qualité de l’info reçue a quand même un peu baissé, car les médias disposent de moins de moyens financiers en raison de la chute des recettes publicitaires siphonnées par les GAFAM. Par ricochet, on est entré dans l’ère de la gratuité de l’information, car tout le monde peut aller lire ce qu’il désire. Et c’est là qu’on est intervenu avec le projet de création d’un label, en collaboration avec le Groupe ESH média et le Nouvelliste.

Et quels types de lecture ou d’articles les gens privilégient-ils ?

Aujourd’hui, tout doit être rapide et facile. L’information également. C’est la raison pour laquelle les réseaux sociaux, qui ont en partie alimenté cette tendance, connaissent un succès flamboyant. Ils sont financés par le temps de cerveau disponible de leurs utilisateurs·trices. Ces derniers·ères auront tendance à liker rapidement des articles qui les confortent dans leur propre vision du monde et non des articles de qualité et des informations vérifiées.

Le rôle d’une haute école est de dispenser de l’info de qualité. Mais doit-elle aussi apprendre à détecter les infos de mauvaise qualité ?

Pas directement, mais toute formation secondaire tend à aiguiser le sens critique de chacun.

Avez-vous d’autres projets en lien avec la qualité de l’information ?

On travaille sur un grand projet AImédia. L’open data, c’est le futur des nouvelles certifiées. Il s’agit d’ailleurs maintenant d’une obligation de la Confédération. Le·la citoyen·ne doit avoir à sa disposition toutes les données dont il·elle a besoin pour se faire une opinion par exemple sur l’environnement, la pollution, etc. Ces données doivent être à disposition du·de la citoyen·ne, car elles sont financées par les citoyen·ne·s. Nous devons mettre en forme ces données sous forme de graphiques animés et compréhensibles. Ces données officielles existent, mais elles ne sont pas mises en scène pour l’instant. C’est le futur de la transformation numérique des médias.

 

 

Cet article fait partie du 4e numéro du magazine Hespresso de la HES-SO Valais-Wallis qui porte sur la thématique des « fake news ». Plusieurs articles frauduleux ont été volontairement intégrés dans cette édition. Cet article est-il un fake ? La réponse ICI.

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