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Mon école, ma durabilité et moi

Posted: avr. 15, 2020
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Mon école, ma durabilité et moi
Epinglée par l’enquête du WWF sur la durabilité des hautes écoles suisses, la HES-SO amorce le virage de la durabilité avec prudence. Une question revient sur toutes les lèvres, en Valais et ailleurs : quel rôle doit jouer notre école?

Retardataire. C’est le terme qu’a choisi le WWF pour qualifier la HES-SO dans sa dernière étude sur la durabilité des hautes écoles suisses. Oui, retardataire. Dans l’environnement académique suisse qui a pour mission de former la jeunesse aux défis de demain, le mot fait grincer des dents. Sur les 25 Universités, Ecoles polytechniques et Hautes Ecoles Spécialisées suisses qui apparaissent dans ce classement, il y a 8 bons élèves, 8 à la traîne et 9 qui n’ont pas désiré rendre leur copie. Selon les responsables de l’étude, « les Hautes Écoles n’en font pas encore assez, notamment en matière d’enseignement et de recherche » (lire interview de Léo Gillard).

A travers 10 critères, cette étude met l’accent essentiellement sur les conditions cadres que doivent adopter les hautes écoles suisses pour inscrire la durabilité dans leur fonctionnement. Dans le cas de la HES-SO par exemple, l’étude ne détaille pas les cas particuliers des 25 différentes Hautes Ecoles de l’institution. Et comme le montre le Rapport Zeolite, qui propose un état des lieux du développement durable à la HES-SO, les Hautes Écoles entretiennent un rapport très différent les unes des autres à la durabilité. La HES-SO Valais-Wallis apparaît en bonne position, « ce qui montre que les engagements que nous avons déjà pris portent leurs fruits » rajoute François Seppey, directeur de l’école (lire l'interview complète).

Face à la transition économique, sociale et environnementale que notre société va devoir entamer, les institutions académiques ont un rôle crucial à jouer. Alors quelle position notre institution doit-elle adopter ? Et que devrions-nous faire concrètement, ici, à la HES-SO Valais-Wallis ? Découvrez quelques éléments de réponse dans ce dossier, ses encadrés et ses interviews.

 

Liste des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) définis par l'ONU. A mettre en place d'ici 2030 si nous désirons un avenir meilleur et plus durable pour tous.

 

La genèse romande

« Être en bonne santé est la meilleure preuve de durabilité. Apporter aux étudiant·e·s des compétences liées à la qualité de l’alimentation, comme par exemple les produits transformés, les perturbateurs endocriniens et le microbiote, est essentiel ».
Aline Chappuis, Professeure à la HEdS et artiste

Si les prises de conscience individuelles existent çà et là depuis plusieurs années, au plus haut niveau de l’éducation suisse, tout a réellement commencé en 2015. Pour la première fois, la notion de durabilité a été rajoutée dans les standards d’accréditation des hautes écoles suisses. « Cette première étape est cruciale, car elle pose un cadre. Si une haute école ne respecte pas ces standards, elle peut perdre son accréditation » explique Rémi Vuichard, coordinateur de la Plateforme de développement durable à la HES-SO. Mais à ce stade, la notion de durabilité reste encore très vaporeuse.

La HES-SO Valais-Wallis, quant à elle, inscrit déjà les principes de durabilité au cœur de sa stratégie. Sa Charte 2020 de développement durable réalisée par Daniel Amrein et portée par la direction depuis 2015 inclut 19 engagements couvrant tous les secteurs d’activités et l’ensemble du personnel. A la HES-SO, les actions se concrétisent dès 2019 avec la création du projet « change HES-SO », financé par le programme fédéral d’encouragement national U Change, et la mise en œuvre d’une plateforme de développement durable. La formulation d’une stratégie de durabilité plus détaillée devrait voir le jour avant la fin de l‘année.

Sur le papier, les intentions sont là. Aussi bien le rectorat que les Hautes Écoles de la HES-SO Valais-Wallis ont choisi de placer la durabilité au cœur de leur stratégie. Mais qu’en est-il concrètement ? Là encore, tout dépend d’où porte notre regard.

Les impulsions valaisannes

L’anthropocène s’aborde également par les sons. Leurs incidences sur la santé et le bien-être ont été prouvées. Pour un artiste sonore, ces questions sont aussi porteuses que fertiles.
Christophe Fellay, responsable de l’unité son de l’EDHEA.  

Dans les faits, il n’est pas toujours aisé de percevoir les efforts déjà réalisés, ni le degré de sensibilité du personnel, des membres du corps professoral et la population étudiante. Mais les initiatives qui proposent des solutions durables aux enjeux locaux et globaux existent. Pour l’heure, la plus visible est la création fin 2018 de l’institut Energie et Environnement qui regroupe des forces en recherche appliquée de la HEI, la HEG et la HETS autour des énergies renouvelables, des réseaux multi-énergies et de la mobilité électrique.

Cependant, la diversité des initiatives ne saurait se limiter à cet unique étendard. Un groupe de travail inter-écoles ainsi qu’un collectif d’étudiant·e·s pour le développement durable (voir p.15) ont récemment vu le jour. Un plan mobilité, ainsi qu’une analyse énergétique des infrastructures, sont en cours de réalisation. La HEdS propose un module de promotion de la santé en lien avec la durabilité, tandis que son institut est engagé dans un projet d’étude des sons et de leur impact sur la santé, en collaboration avec le ArtinLab de l’EDHEA. Cette dernière se dit très engagée dans l’approche artistique de l’anthropocène. La HEI a mis en place un EcoHub (voir p. 12) à destination des étudiant·e·s et plusieurs projets de recherche en lien avec les énergies renouvelables ou l’alimentation durable existent. La HETS s’intéresse aux communautés énergétiques autonomes et s’interroge plus largement sur le rôle du travail social dans la crise environnementale en cours. Finalement, la HEG offre des cours de management responsable, la filière Tourisme travaille à l'intégration de la durabilité dans l'ensemble du plan d'étude cadre (PEC) et la recherche se plonge régulièrement dans des projets traitant de la problématique énergétique.

De nombreuses autres initiatives durables au sein de la HES-SO Valais-Wallis existent : alimentation saine, frigos partagés, ateliers do it yourself, bike to work etc. S’il est difficile de toutes les recenser, elles sont encore souvent le fruit d’impulsions individuelles.

Au cœur de la formation

« Il faut créer l’interdisciplinarité entre les filières pour insuffler la durabilité de la formation »
Nicole Fumeaux-Evéquoz, professeure à la HETS.

Dans un environnement aussi vaste que celui de la HES-SO Valais-Wallis, ces initiatives – aussi nombreuses soient-elles – font encore office d’exceptions. Alors pourquoi cette notion n’apparait-elle pas plus clairement dans notre quotidien professionnel ?

 « Il faut encore que cette notion prenne réellement corps au sein des instituts et filières, car son applicabilité diffère d’une école à l’autre. Par contre, toutes peuvent se rejoindre sur la mission première des HES, à savoir la formation » analyse Pierre Roduit, responsable de l’institut Energie et Environnement. Dès lors, la question et le public-cible s’affinent. « Il est primordial que l'ensemble des filières offre des cours de sensibilité à la durabilité pour le corps estudiantin et que l'on complète les formations avec des cours plus spécifiques, par exemple via les options » conseille Daniel Amrein, professeur en développement durable.

Le rôle de la HES-SO Valais-Wallis se précise. En accord avec la mission première de notre école, il est important d’insuffler un air de durabilité dans toutes les filières d’étude. Tous les niveaux hiérarchiques en conviennent. Mais il ne s’agit là que d’un début. « La recherche fait également partie de l’ADN de la HES-SO, tout comme les services à la société. Il est de notre responsabilité sociale et environnementale d’aborder ces thématiques avec des lunettes durables et surtout, de le faire tous ensemble  » conclut Rémi Vuichard. L’objectif est identifié. Seule inconnue à ce jour : la durée du trajet.

 

 

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